Le Bernina Express Voyage de Coire à Tirano
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Le Bernina Express

Voyage de Coire à Tirano

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Le Bernina Express Voyage de Coire à Tirano

Transcription :

S'il est un endroit ou l'on se sent au cœur de la Suisse, c'est bien ici à Coire, qui est la plus ancienne ville de la confédération, on y parle romanche. Coire pour les amateurs de trains, c'est aussi le siège des Chemins de Fer Rhétiques.

Mais nous avons un peu de route, ou plutôt de train à faire aujourd'hui, alors rendez-vous sans plus attendre à la gare. Sur ces premiers kilomètres la voie ferrée empruntée par le Bernina Express est commune avec celle du Glacier Express par laquelle nous étions arrivé de Zermatt. Le train chemine gentillement comme on dit en Suisse en fond de vallée. C'est à partir de Thusis qu'il s'écarte de ce tronc commun, et que le spectacle commence. A partir d'ici et pour les 122 prochains kilomètres qui nous séparent de Tirano, ce sont 55 tunnels, et 196 ponts qui nous attendent. Nous venons d'entrer sur la ligne de l'Albula, du nom de la vallée et de la rivière que la voie ferrée va suivre. Le Glacier Express emprunte également cette portion de ligne pour rejoindre Saint-Moritz ou Davos, et il est également possible d'emprunter le Bernina Express à partir de ces deux villes pour rejoindre Tirano. La beauté des paysages, la hardiesse de la ligne et ses nombreux ouvrages d'art souvent spectaculaires ont conduit au classement de ce parcours au patrimoine mondial de l'Unesco. Le Bernina Express, est un train panoramique à vocation touristique exploité par les Chemins de Fer Rhétiques dont les voies ferrées à l'écartement exclusivement métrique s'étendent sur 384 km dans l'ensemble du canton des Grisons. 40% des passagers qui empruntent la ligne le font cependant pour se déplacer dans la région. C'est le troisième réseau ferroviaire Suisse en longueur de voie derrière les Chemins de Fer Fédéraux et le BLS (Le Chemin de Fer du Lötschberg), qui en comptent respectivement plus de 3000 et pas loin de 450. L'ensemble du réseau est électrifié. Pour l'essentiel en 11000 volts alternatifs, mais sur la ligne de la Bernina en 1000 volts continu. Pour sa plus grande part, le réseau des Chemins de Fer Rhétiques a été construit entre 1889 et 1913. La compagnie elle-même a été constituée en 1898. Elle rachète alors la compagnie exploitant les premiers tronçons de lignes créés autour de Coire, puis poursuivra son développement en en construisant de nouvelles. Celle de l'Albula entre Thusis et Saint-Moritz, celle entre Davos et Filisur et d'autres encore. Pendant la seconde guerre mondiale, elle rachète d'autres compagnies dont celle assurant la desserte entre Coire et Arosa et surtout la Bernina Bahn qui depuis 1910 reliait Saint-Moritz à Tirano. Le train que nous avons emprunté ce matin mettra environ 4 heures à rejoindre sa destination. Il est encore pour l'instant engagé dans la vallée de l'Albula, ou il a commencé à prendre de la hauteur. Après avoir traversé le viaduc de Solis, haut de 90 mètres, il poursuit son chemin en direction de Filisur. Pour y parvenir, il va devoir franchir les gorges de la Landwasser, ce qui n'est pas une mince affaire au vu de la configuration des lieux. Ici, un viaduc en courbe à 5 travées d'une longueur de 136 mètres et de 65 mètres de hauteur a du être construit pour enjamber cette étroite vallée. Il débouche directement dans un tunnel, de sorte que l'on a l'impression que le train est avalé par la montagne. C'est l'un des points les plus connus de la ligne. Le viaduc de Landwasser est célèbre dans le monde entier. Peu après la sortie du tunnel, le train arrive en gare de Filisur, d'où se détache la section de ligne permettant de rejoindre Davos. A partir de là, les tunnels vont s'enchaîner, dont certains sont hélicoïdaux. Ils permettent aux trains de prendre de l'altitude en les faisant tourner sur eux même. L'entrée et la sortie des tunnels sont situées non loin l'une de l'autre mais à des altitudes différentes. La prochaine gare est celle de Bergün. On peut y apercevoir une locomotive de type Crocodile, car depuis 2012, en face de cette gare, se trouve le Musée du Chemin de Fer de l'Albula qui retrace l'histoire de la construction de la ligne. Quelques viaducs et tunnels hélicoïdaux plus loin, notre train s'engage dans le tunnel de l'Albula. C'est le plus long du parcours. Il mesure 5865 mètres de long. Ici notre train à déjà pris pas mal de hauteur, puisqu'il circule maintenant à 1800 mètres d'altitude. Saint Moritz n'est pas loin, mais les trains faisant la liaison entre Coire et Tirano laissent sur leur droite cette station de ski réputée pour entrer à partir de Pontresina dans la seconde partie de leur parcours, celle empruntant la ligne de la Bernina. A l'origine, celle-ci n'était conçue que pour une exploitation estivale, mais après la construction de nombreux systèmes paravalanches il a été possible de la maintenir ouverte toute l'année, et ce dès 1913. A partir d'ici, notre train ne cessera de monter, avec des rampes atteignant parfois les 7% qui seront pourtant franchis sans avoir recours à un système de crémaillère. C'est l'une des plus raides du monde franchit par un train en simple adhérence. Une 20aine de kilomètres plus loin, la ligne atteint son point culminant à la gare de l'Ospizio Bernina qui se trouve à 2253 mètres d'altitude. Elle redescend ensuite légèrement pour rejoindre la gare d'Alp Grüm à 2091 mètres. Autant dire qu'ici, les paysages sont extraordinaires. Le train tutoie les glaciers de la Bernina, ce massif des Alpes qui s'élève entre la Suisse et l'Italie, avec des sommets se situant entre 3500 et 4000 mètres d'altitude. A la sortie de l'Alp Grüm, le train doit se contorsionner pour réaliser un virage à 180° et entamer une longue descente vers l'Italie. Celle-ci se fera via une succession de lacets que suit la ligne pour perdre rapidement de l'altitude. Près de Brusio, celle-ci doit perdre encore rattraper un dénivelé de 10 mètres sur une très courte distance. C'est ce qui a conduit à la construction d'une hélicoïde à l'air libre, le célèbre viaduc de Brusio. D'une longueur de 142 mètres il a été construit entre 1907 et 1908 dans un espace contraint. Son rayon n'est que de 70 mètres. Un nouvelle fois ici, la voie ferrée passe au dessus d'elle même, comme elle le fait dans les nombreux tunnels hélicoïdaux déjà traversés, à la différence qu'ici, cela se fait au vu et au su de tout un chacun. Cette construction est devenue l'emblème des Chemins de Fer Rhétiques et un point majeur d'intérêt pour tout amateur de chemin de fer. Sur la fin de son parcours le Bernina Express glisse tranquillement sur ses rails jusqu'à Tirano. Il partage sur plusieurs kilomètres la chaussée avec les véhicules routiers. Plus surprenant encore avant d'arriver en gare, il rase les maisons d'encore plus près que ne le ferrait un tramway et traverse des carrefours, sans que cela ne semble poser plus de problème que cela. Nous sommes maintenant en Italie, les voyageurs descendants du train doivent donc passer par la douane qui se trouve dans un couloir de la gare des Chemins de Fer Rhétiques. La gare des chemins de fer Italiens se trouve juste à côté. En en traversant le souterrain, on se retrouve à la gare routière, ou en saison, le Bernina Bus récupère les passagers du Bernina Express qui souhaitent poursuivre leur trajet vers Lugano, d'où ils pourront comme je le ferais avec vous dans un prochain numéro d'Aiguillages embarquer à bord du Gotthard Panorama Express.

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