Le Petit Train d'Artouste (Pyrénées Atlantiques)
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Le Petit Train d'Artouste

(Pyrénées Atlantiques)

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Le Petit Train d'Artouste (Pyrénées Atlantiques)

Transcription :

Allez ! Ça va nous faire du bien à tous, on va aller prendre l'air et même le grand air grâve à des images d'un Aiguillonaute que je remercie, Pascal Arnaud, qui est allé il y a quelques temps faire une excursion au petit train d'Artouste, il s'agit de l'un des trains qui circulent le plus en altitude en Europe.

Le Petit Train d'Artouste a été construit par la Compagnie des Chemins de Fer du Midi. Il a même appartenu un temps à la SNCF. Aujourd'hui il est exploité par une entreprise privée et transporte chaque année des milliers de touristes jusqu'aux pieds du lac d'Artouste. Le trajet dure une 50 aine de minute aller. Les passagers prennent place à bord de baladeuses tirées par des locotracteurs circulant sur une voie à l'écartement de 50 cm. La voie est unique, plusieurs évitements permettent aux trains de se croiser. Il peut y en avoir une dizaine d'engagés simultanément sur le parcours. La balade se fait à 2000 mètres d'altitude, à flanc de colline, et les aplombs sont souvent vertigineux.


Avant de pouvoir monter à bord du train, les visiteurs doivent commencer par une marche d'approche. Artouste est située dans les Pyrénnées-Atlantiques. Pascal y est arrivé en voiture depuis Toulouse en fin de matinée. Il a trouvé le parcours un peu long, d'autant que le dernier tronçon se fait hors autoroute dans la très belle vallée d'Ossau, sur la route du col de Pourtalet. Le départ de l'excursion se fait sur la commune de Fabrèges située à 1250 mètres d'altitude. En haute saison, l'attraction attire énormément de monde, et Pascal l'a constaté trouver une place pour se garer peut se révéler assez périlleux et le temps d'attente avant de pouvoir embarquer peut être lui-même assez long. Il est vivement conseillé d'arriver sur place le plus tôt possible. Au mieux, vers 9h, et d'être muni de bonnes chaussures fermées. Il s'agit dans un premier temps de rejoindre la gare de départ des trains qui se situe encore plus haut, à 1950 mètres d'altitude. C'est une télécabine à 6 places qui permet de s'y rendre en 15 minutes. Le spectacle est déjà très beau, offrant une vue sur le lac de Fabrèges. A l'arrivée un bar accueille les visiteurs qui souhaitent se rafraîchir. Pascal à préféré se placer au plus vite dans la file d'attente pour prendre le prochain train. Il y a toutes les demies-heures en pleine saison, roulant par deux. Pascal à mis à profit son temps d'attente pour observer quelques manœuvres de machines allant se replacer en tête de train et comment il se peut que les voyageurs soient tous et toujours placés dans le sens du marche du train. Les sièges basculent sur eux même. A chaque changement de sens, la partie qui servait d'assise devient dossier et inversement. Dès son départ, le train s'engage dans le tunnel de l'ours. De l'autre côté, le panorama s'ouvre sur les très haut reliefs de l'Oussau et les points de vue vertigineux sur la vallée du Soussouéou et au loin, le lac d'Artouste et son barrage.
Au début du 20ème siècle l'énergie utilisée pour les chemins de fer est le charbon. Mais les Pyrénées sont très éloignées des principaux centre de production. Aussi, la Compagnie du Midi envisage très tôt, dès avant le début de la première guerre mondiale, l'électrification de ses lignes. Pour les alimenter, elle s'engage dans la construction de grands barrages et de centrales hydro-électriques. C'est ainsi qu'a été aménagé le site d'Artouste, dans une vallée qui n'était guère fréquentée que par des ours. En l'échange de son engagement à fournir la commune en électricité pour l'éclairage public, la Compagnie du Midi obtient les terrains convoités. Pour acheminer les matériaux nécessaires à la construction du barrage, des trois usines hydro-électriques et de la galerie souterraine reliant le lac, au pic de la Sagette, il lui a fallut construire un téléphérique servant à les transporter de la vallée jusqu'au pic de la Sagette. De là, il restait encore une 10aine de km à parcourir jusqu'au chantier. C'est un chemin de fer à voie étroite qui allait permettre de poursuivre le voyage. Pendant 4 ans, 2000 ouvriers travaillant sur le chantier l'emprunteront quotidiennement. En 1929, le barrage du la d'Artouste est mis en service. Sa réserve de 24 millions de mètres cubes d'eau, fait de lui le plus gros site de production des Pyrénées. Avec l'achèvement des travaux, la voie ferrée est démontée. Elle sera finalement assez vite reposée, car pour l'entretien du site, le train s'avère être un véritable allié. En son absence, l'acheminement des matériaux devait se faire à dos de mulet. Dès les années 30 le conseil général qui souhaite développer le tourisme dans la vallée soumet l'idée d'ouvrir le site au public. Les premiers touristes sont conduits aux pieds du lac uniquement les dimanche et pendant la période estivale. Depuis, le site ne cessera de se développer. Un nouveau téléphérique augmente les capacités de transport de passagers jusqu’à la gare de départ du train, mais c'est la création d'une station de ski sur les pentes du Pic de la Sagette dans les années 60 qui conduira à l'afflux de touristes que l'on connaît aujourd'hui. Le trafic augmentant, les rails d'origine sont changées en 1963 et passe de 9 à 20 kg par mètre et les locotracteurs Renault datant des débuts de la ligne, sont remplacés par 6 Billard de 60 chevaux et 5 Whitcomb de 45 chevaux. L'exploitation reprise par la SNCF dès sa création en 1938 a pris fin en 1981. C'est maintenant une société privée qui exploite l'ensemble des remontées mécaniques de la station, qui a également en charge celle du petit train. Le parc de matériel roulant se compose de 13 locotracteurs et de 65 voitures panoramiques. Chaque convoi est composé de 6 d'entre elles pouvant emmener 12 personnes chacune. La sécurité des circulations est assurée par un centre de régulation avec lequel les mécaniciens sont en relation par radio. Plusieurs voies d'évitement sont aménagées tout au long du parcours, là ou le terrain le permet, car sur une bonne partie de celui-ci la voie est installée en aplomb de la vallée et la plate-forme sur laquelle elle repose n'est pas très large. L'écartement de la voie est de 50 cm, un écartement assez rarement rencontré en France ou les chemins de fer industriels ont plutôt adopté la voie de 60. Les 3 autres sont le chemin de fer Touristique du Tarn qui se trouve à Saint-Lieux-les-Lavaur, le train du jardin d'acclimatation à Paris, et près de Dijon, à Is-sur Tille, le chemin de fer des Lavières. A son arrivée au lac d'Artouste, le train laisse près d'1h30 a ses passagers pour aller découvrir les paysages aux alentours. Il faut encore marcher pendant environ 15 minutes sur un sentier d'accès relativement facile, n'oublions pas que nous sommes ici à 2000 mètres d'altitude, pour rejoindre le barrage, qui peut être traversé sur un pont en bois. Mais Pascal conseille quand même les visiteurs de garder un œil sur leur montre et de ne pas manquer l'heure du train du retour, car pour réguler l'afflux de personnes sur le site et éviter que tout le monde ne veuille redescendre par les derniers trains en fin de journée, la société exploitante attribut à chaque passager un horaire à respecter sous peine de se voir infliger une surtaxe. Même s'il craignait avant de s'y rendre de se retrouver sur un site sur-occupé par les touristes, Pascal avoue qu'il n'a pas regretté sa journée et vous recommande vivement cette excursion dans les Pyrénées le long de cette ligne, ou ce ne sont pas des vaches qui regardent passer des trains, mais des marmottes.

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