Gar Pondi La renaissance de la gare de Pontivy
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Gar Pondi

La renaissance de la gare de Pontivy

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Gar Pondi La renaissance de la gare de Pontivy

Transcription :

Gar Pondi, c'est le nom breton de la gare de Pontivy qui se trouve dans le nord du Morbihan, mais c'est surtout le nom de baptême d'un gros projet de réhabilitation de ce bâtiment que je vous fais visiter quelques semaines avant le début des travaux, vous ne pourrez par conséquent plus jamais le voir comme ça, mais je vous parle bien sur également dans le reportage qui va suivre, de l'avenir de ce bâtiment.

A Pontivy dans le centre Bretagne, la gare s'apprête à vivre une nouvelle jeunesse. Les travaux de réhabilitation ont commencé à la fin de l'été 2019. 4 appartements y seront aménagés, mais surtout de nouveaux espaces ouverts au public seront créés, une boutique de modélisme va s'y installer, et un train touristique va entrer en gare, tel est le projet porté par Jean-Philippe VANVALLEGHEM, un particulier, passionné d'architecture ferroviaire.

Si Jean-Philippe est le principal porteur du projet, c'est un ami à lui, Rodolphe Braud qui en est à l'origine et qui va nous faire visiter la gare, comme vous ne la verrez plus jamais, même si de très nombreux témoignages de son passé ferroviaire vont être soigneusement conservés. Ici, le temps s'est brutalement arrêté en 2013. Le bâtiment a été fermé à la suite d'un dégât des eaux, et lorsque quelques années plus tard Jean-Philippe et Rodolphe sont venus le visiter alors qu'il venait d'être mis en vente, ils ont eu l'impression de découvrir un lieu, qui avait été précipitamment abandonné par ses occupants. Tout était resté en place, comme à l'époque, jusqu'à un exemplaire du journal local de la date du jour de la fermeture, encore ouvert sur le bureau du chef de gare. Mais si le bâtiment a été déserté, le site de la gare est toujours fréquenté par quelques trains.

Il y a du trafic fret effectivement qui vient. Entre 3 et 4 trains par semaine en ce moment quand même. Des 1700/1800 tonnes qui viennent. Il y a trois sociétés desservies en embranchements privés qui sont à quelques km après la gare qui font des céréales. On est en centre Bretagne, c'est le pays des céréales. C'est plus Fret SNCF, ça l'a été il y fort longtemps. C'est une compagnie privée qui vient et qui livre ses trains, qui coupe ses trains en deux devant la gare ici, puisque tout est fonctionnel bien sur, parce-que l'embranchement privé est un petit peu petit pour les trains complets. Ensuite, ils redescendent. Soit ils vont sur Rennes, ou ils ont un triage, soit ils descendent à Saint-Pierre des Corps. Ici, c'est une ligne qui dès le début était un peu comme un embranchement en fait, qui a une bifurcation qui vient d'Auray dans le Morbihan et qui montait d'abord sur Pontivy ou ça été ouvert en 1864, l'inauguration de la gare et qui montait ensuite vers Loudéac puis vers Saint-Brieuc. La partie voyageur est hélas terminée depuis plus de 30 ans maintenant, 87, je crois le dernier autorail, et en plus la voie est coupée en partie puisque l'on ne peut plus aller totalement au nord, elle est coupée entre Pontivy et Loudéac.

A Loudéac se trouve le siège de l'association des Chemins de Fer du Centre Bretagne à qui j'avais rendu visite il y a quelques années maintenant. Du fait de la coupure de la ligne, celle-ci est bien gênée dans ses activités, qui pourraient redémarrer ici, peut-être même dès l'été 2020 si les autorisations administratives sont délivrées à temps. Il s'agirait de faire circuler de nouveau un train touristique dans la vallée du Blavet. Une desserte qui avait été un temps assurée par une autre association, Parber, qui elle aussi à connu des difficultés. Le nouveau projet consisterait à relier Pontivy à Lambel-Camors, une autre gare rachetée par un particulier amateur de chemins de fer. Mais commençons la visite de la gare par la première pièce que Jean-Philippe et Rodolphe ont découverts lorsqu'ils sont venus pour la première fois à Pontivy : la cantine. Jusqu'au démarrage des travaux, elle était encore utilisée par les roulants.

Dans son jus hein ! Ne pièce qui n'a pas été refaite depuis quelques décennies également, mais ou on prend grand plaisir avec Jean-Philippe à accueillir les mécaniciens qui viennent avec les trains de céréales, les chauffeurs de bus quand ils sont un petit peu disponibles, les gens de SNCF Réseau et autres qui passent également. Et on souhaiterait à l'avenir que ça reste un lieu de vie, ouvert facilement également, c'est vraiment le but, Jean-Philippe le dirait beaucoup mieux que moi s'il était là, mais le but c'est que ça reste un bâtiment ouvert au public, même si c'est un propriétaire privé maintenant.

Nous repassons par le quai, pour rejoindre le bâtiment voyageur qui n'a jamais été très fréquenté, car la gare de Pontivy était surtout une très grosse gare de fret. Nous sommes en Centre Bretagne ou la production de pommes de terre est très importante.

Et tout était dirigé d'ici, d'une pièce qui est vraiment restée dans son jus également qui était donc le bureau du chef de gare, que nous allons essayer de conserver en partie, on aimerait bien pouvoir conserver ce vieux plancher qui pour nous a beaucoup de charme, mais tout ça dépendra de notre architecte préférée.

Autre endroit qui pourrait être au moins partiellement préservé au rez de chaussée …

Nous sommes derrière les guichets, le guichet d'origine, à la base il n'y en avait qu'un seul dans la gare, il est creusé directement dans le mur et ensuite il y a des guichets que nous nous appelons plus modernes, mais qui bon, commencent à avoir quelques décennies également qui avaient été ajoutés.
Le but c'est d'essayer de conserver au maximum, donc ce sera forcément démonté pendant les travaux, mais consigne a été donnée de conserver au mieux pour pouvoir remettre en place ensuite quelque chose d'approchant. On tient beaucoup à ce que ça continue à ressembler à une gare le plus possible et effectivement dans la salle d'attente qu'on verra juste après c'est pareil, on va garder le carrelage d'origine par exemple, la balance va rester aussi et au niveau des guichets nous souhaiterons pouvoir les conserver également. Moi le premier parce-qu'il y a de fortes chances que mon bureau, mon espace de travail soit là, et j'aimerais bien pouvoir garder le guichet.

Si Rodolphe est aussi directement impliqué dans le projet c'est que son magasin Boutique Train installé à Locminé près d'Auray, devrait venir s'installer ici dès la fin des travaux.

Depuis la première visite en fait, dès qu'on est rentré là, avant même qu'on en ait réellement discuté d'ailleurs avec Jean-Philippe, avant même que le rachat se fasse bien sur, je m'imaginais assez bien venir là avec mes cartons, commencer à m'installer, faire rouler un train ou deux, je m'y voyais bien déjà ! Si nous continuons, la visite du bâtiment principal, il y a ici la salle du coffre, vu qu'il y avait chaque jour un préposé qui venait chercher la recette. C'était d'abord glissé dans ce coffre qui est toujours fonctionnel, et donc récupéré ensuite et c'était centralisé sur Auray. Donc ça c'est la salle que j'appelle la salle des colis, il y a encore une table qui a priori servait à faire des colis, et qui servira peut-être bien encore d'ici quelques temps pour faire des colis qui partirons de chez Boutique Train par exemple. Donc, nous continuons, ça c'est une pièce qui a été rajoutée à la gare qui n'est pas d'origine, mais qui a été rajoutée je crois 3 ou 4 ans après la construction pas plus. Qui n'a rien de spécial en soi, sauf que ça à permis de sauver le pignon d'origine de la gare, avec donc une inscription Napoléon Ville, puisque Pontivy a une époque c'est appelée Napoléon Ville, et la gare de Pontivy a été inaugurée sous Napoléon III, donc au moment ou la ville s'appelait Napoléon Ville. Il y aura aussi, puisque l'on est dans cette pièce là, des sanitaires qui vont être rénovés et qui vont être ouverts au public, comme ça l'était à l'origine, et qui donneront sur l'extérieur bien entendu, puisque devant, nous avons la gare routière à défaut de gare SNCF voyageur, avec 80 bus par jour, donc il faut des commodités, que pour l'instant il n'y a pas, donc il y aura une convention avec la ville pour ouvrir une petite salle d'attente, sans doute dans Napoléon Ville et puis des toilettes publiques. Nous quittons Napoléon Ville pour revenir dans la salle des colis puis derrière les guichets qui vont nous donner accès à la salle d'attente. Au passage quand même téléphone de voie fonctionnel, testé et approuvé. Ici, la salle d'attente. Dans son jus aussi, avec donc la cause officielle de la fermeture du bâtiment à l'époque qui est donc ce faux plafond qui était en partie tombé suite à un petit dégât des eaux. Dans la salle d'attente on hésite encore un petit peu sur l'organisation, il y aura sans doute une part de Boutique Train, mais on voudrait que comme pour le reste ça soit ouvert au public, donc on peut organiser des concerts, des expositions … Tout un tas de choses comme ça pour que les Pontiviens et les autres puissent toujours venir dans cette gare. C'est important pour Jean-Philippe et pour moi même qui vais quand même utiliser une partie des lieux, c'est que ça reste un bâtiment malgré tout public.

Au premier étage de la gare étaient aménagés des appartements de fonction, qui eux ont été abandonnés il y a une 30 aine d'années.

Donc là c'était l'entrée des occupants, donc du chef de gare bien entendu à l'époque, qui montait aux appartements de fonction. Donc au tout début, il n'y avait même pas de cabinet de toilette, on verra qu'ils ont quand même été rajoutés après, donc il y avait des toilettes communes et deux appartements en enfilade, sur toute la longueur du bâtiment. Là, comme on peut le voir et comme on la découvert la première fois qu'on l'a visité, c'est dans un état assez triste. Au niveau de la rénovation, tout ce qui est cloison, plancher, plafond, tout va sauter, toutes les ouvertures vont être changées, la couverture également. Et au premier ou nous sommes et au second, dans les combles ce seront de nouveau des appartements. D'ici nous avons vu, une belle vue sur la place, avec l'ancien hôtel des voyageurs, qui à priori n'était même pas là d'ailleurs, si je me souviens bien, je crois que l'enseigne a été rajoutée à cette endroit là, mais elle n'est pas sur le bon bâtiment. Voilà donc, un deux deux appartements qu'il y avait. Pour aller jusque dans les détails on peut visiter aussi la fameuse salle d'eau qui avait été rajoutée, qui se trouve en fait dans un ancien grenier. Ça, ça nous avait étonné aussi, quand on était revenu visiter ensuite, c'est qu'il y avait une ouverture qui donnait directement dans les combles et qui permettait et qui permet toujours de faire le tour et d'aller de l'autre côté, rejoindre ensuite …. Le passage est assez étonnant, parce-que nous arrivons également dans une salle d'eau, mais celle du 2ème appartement. Même disposition que le 1er, c'est à dire tout en longueur, mais même si la on ne verra pas grand chose, parce-que les volets ont été condamnés par sécurité, mais qui a une vue qui moi en temps qu'amateur de trains m'intéressent beaucoup plus, vue que ça donne sur le faisceau de voies de Pontivy. Pour l’anecdote, on a daté au moins une année d'occupation grâce à des auto-collants sur le mur, un spectacle musical de saxophone qui date de juin 87, c'était à priori la dernière année ou il y avait encore des habitants. Voilà donc pièce à vivre, magnifique, mobilier d'époque … Abat-jour en particulier. Belle cheminée, qu'on penser récupérer au moins en partie. Nous revenons donc vers le palier des appartements, en haut de l'escalier, avec une petite porte qui donne également vers un autre escalier, dans un état pas franchement meilleur que le premier, qui permet d'accéder aux combes.
Alors là, on est monté spécialement pour Aiguillages, parce-que depuis quelques mois en général on évite lors des visites guidées, d'emprunter cet escalier qui commence quand même a donné quelques signes de fatigue. Là également, attention la tête ! Et nous arrivons dans le grenier, dans la partie centrale du bâtiment voyageur. C'était vraiment les greniers des habitations, on voit qu'il y avait même des fils à linge, on a trouvé des jeux d'enfants, on a trouvé des chaussures … On a trouvé tout un tas de choses qui sont restées depuis plus de 30 ans. La charpente va être conservée, par contre la couverture va être refaite. Il y a des endroits tout à fait récupérables, mais quitte à rénover de fond en comble, c'est le cas de le dire, tout va être refait. J'avoue que c'est une pièce que j'aime beaucoup aussi. D'ailleurs à un moment, on s'est même demandé si l'on allait pas faire des appartements simplement au premier, parce-que vue la surface, pour un amateur de trains, on s'est quand même dit qu'il y aurait un fameux réseau ferroviaire à créer. Toute surface confondue, pour parler en surface habitable, c'est à peu près 800 mètres carrés. Donc c'est déjà un beau bâtiment effectivement, avec de très beaux volumes. Comme on dit dans pareil cas, beaucoup de potentiel !
Et donc nous voici à nouveau sur la place que nous appelons la place de la gare, devant notre belle Gar Pondi.

Un espace qui lui aussi va être entièrement repensé, mais ces travaux là sont du ressort des collectivités locales. Un pôle d'échange multimodal va être installé au pied de la gare qui en accueillera la salle d'attente dans son aile gauche. A l'intérieur de la gare, les travaux de démolition sont maintenant terminés, il ne reste plus rien de ce que vous avez pu voir dans ce reportage, en dehors des murs et de la charpente. La reconstruction va maintenant commencer. Les dallages et les planchers vont être refaits de manière à créer 4 appartements en duplex dans les étages, le rez de chaussée va garder quand à lui sa vocation ferroviaire, avec un local télécom de la SNCF, l'ancienne cantine qui servira de local au train touristique, et boutique train de Rodolphe Braud qui s'installera en lieu et place des bureaux occupés par le chef de gare. Jean Philippe VANVALLEGHEM a bon espoir de voir les travaux s'achever avec l'année 2020. Il lancera alors la procédure pour demander le classement de Gar Pondi comme monument historique.




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