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Le Train de jardin de Bernard Déluard

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Le Train de jardin de Bernard Déluard

Transcription :

Bien sur, ne cherchez pas ces gares sur une carte, elles sont tout à fait fictives, même si vous pourriez en croiser de ressemblantes ça et là en Côte d'Or. Car pour son train de jardin, Bernard s'est inspiré de son environnement le plus proche. Habitant à Dijon, il s'est intéressé à l'histoire de l'ancien réseau des chemins de fer départementaux de la Côte d'or.

Un siècle sépare le début de la construction de la voie du train de jardin, de celle de son modèle.

C'est en effet en 1988 que Bernard a donné les premiers coups de pioche dans le jardin d'une maison appartenant à sa belle famille, pour démarrer la construction de son réseau. Tandis que c'est en 1888 que furent accordées les premières concessions au département de la Côte d'Or, pour la construction de voies ferrées devant relier Dijon à Fontaine-Française, Arnay-le-Duc à Beaune, Semur en Auxois à Saulieu et Châtillon-sur-Seine à Aignay-le-Duc. Il s'agissait d'un réseau d'intérêt local, qui fut donc construit en voie métrique pour en limiter les coûts. Il atteindra son apogée entre 1920 et 1935, comptant alors plus de 350 km de ligne. Mais il souffrira durant toute sa période d'exploitation du fait d'être constitué de tronçons isolés les uns des autres, ce qui générera d'importants coût de fonctionnement, qui contribueront à faire que ce réseau ne sera jamais rentable.

Jamais rentable, et inachevé. Les difficultés économiques et la guerre qui entraîna son lot de réquisition de rails eurent raison d'autres tronçons qui ne furent jamais terminés. Dans les années 20 et 30, après moults débats budgétaires, ils fut néanmoins décider de construire une nouvelle liaison entre Dijon et Saulieu. Seuls quelques trains de travaux finirent par circuler entre Dijon et Pouilly-en-Auxois à mi-parcours, avant que le projet ne soit abandonné et les rails démontées.

Dans les années 30, le Conseil Général lance les premières expérimentations de liaisons routières, assurées par des autobus et les dessertes ferroviaires du département ferment une à une. Seul subsiste un peu de trafic marchandise qui permettra aux chemins de fer départementaux de la Côte d'or, de vivre un sursis juqu'au début de la seconde guerre mondiale.

Sur le réseau de notre jardi-modéliste, comme il aime joliment se présenter, le nom des gares est imaginaire, mais les batiments sont des reproductions de sites ayant réellement existés. La gare de Pruniers qui doit son nom à un arbre fruitier planté non loin de là, est par exemple la reproduction de celle de Pommard. Une gare située sur la ligne Beaune-Saulieu. En 1936, cette ligne sera le théâtre d'un accident qui la condamnera définitivement. Le 12 mars, un train chargé de 10 tonnes de gravier s'emballe dans une courbe serrée près de Mavilly-Mandelot, et se couche sur la voie. L'accident fera trois morts. Plus aucun train ne circulera jamais sur ce tronçon. Depuis, la gare de Pommard a été transformée en logement.

La gare de Soue, est une reproduction de celle de Saint-Seine sur Vingeanne, et celle de Noyers sur Couches à l'autre extrémité du réseau, une reproduction de celle de Montigny sur Vingeanne, toutes deux situées au Nord-Est de Dijon. Le dépôt est celui de Champlitte, terminus de l'une des lignes, en provenance de Dijon, à 60 km de là.

Le réseau de Bernard trouve son origine dans une petite dépendance à côté de la maison d'habitation. Ce petit batiment est une ancienne soue à cochon. Un abri dans lequel étaient élevés autrefois quelques porcs. C'est là qu'un atelier a été aménagé pour entretenir et entreposer le matériel, dont une partie des décors, et notamment les principaux bâtiments du réseau, qui y sont placés à l'abri durant l'hiver. Les trains peuvent sortir d'un côté ou de l'autre, par des tunnels qui ont été aménagés dans les murs. De ce côté du batiment, la voie passe même sous l'escalier, qui a du être creusé à cet effet, pour ressortir dans une petite cour intérieure ou est aménagée la gare de Soue. Le terminus du réseau a longtemps été abrité à l'intérieur du batiment, avant qu'une extension ne soit envisagée, et la gare de Soue créée à l'extérieur. C'est l'un des endroits, à l'extrémité supérieure du jardin ou il est possible de garer les trains, et de les faire manoeuvrer, même si la longueur des voies reste limitée et oblige à couper certaines rames pour leur permettre de stationner.

Si l'on sort par l'autre côté de l'atelier, la voie débouche sur un pont métalique, puis s'engage dans une boucle pour permettre l'entrée en gare de Pruniers. Nous sommes ici dans la partie originelle du réseau. Dans un premier temps, Bernard pensait le limiter à ce coin du jardin. Aussi, les trains quittant la gare s'engagent dans une nouvelle courbe, passent sous le pont qui leur a permis de sortir de la maison s'engagent dans un tunnel avant d'avoir le choix de revenir par une autre voie, à la gare de Pruniers, juste après la halte de ? ou de filer tout droit vivre d'autres aventures dans la partie inférieure du jardin.

Car très vite, le réseau de Bernard Déluard s'est agrandi. Il déploye à ce jour 45 mètres de voies. Une bonne partie du parcours est en pente, car entre le haut du jardin et le bas, il y a un dénivelé de 1 mètre, qu'il faut du coup compenser. Les rampes sont toutefois limitées à 4,5%.

Pour se faire discret, le réseau a été construit le long de l'un des murets limitant la propriété.

Passé la gare de Noyers sur Couches et le dépôt de Champlitte, la voie a été prolongée de quelques mètres pour permettre l'installation d'un viaduc. Il constitue à l'heure actuelle l'autre extrémité du réseau, mais sera qui sait peut-être un jour l'origine d'une nouvelle prolongation du circuit.

Une partie du matériel roulant a été construit par Bernard. C'est le cas notamment de ces 3 wagons à 2 essieux et de ces 2 voitures à bogies, reproduction de véhicules ayant circulés sur le réseau des Chemins de Fer Départementaux de la Côte d'Or. Le parc comprend 8 locomotives : 2 locotracteurs diesels et 6 locomotives à vapeur, dont la célèbre Lulu, aujourd'hui encore en activité au MTVS. Et encore, un autorail Billard. Un tel engin ayant en effet circulé sur les voies métriques du département. Tout ce beau monde est piloté en digital et par radio. Bernard dispose d'une commande qui lui permet de rester au plus près de ses trains. Son boitier envoie par ondes hertziennes des instructions à un récepteur installé sous le toit de l'ancienne soue à cochons. De là, des fils électriques transmettent le signal aux voies.

Les engins moteurs sont sonorisés. Certaines prises de sons ont d'ailleurs été réalisées directement sur des machines réelles en circulation sur des lignes exploitées par des musées ou des associations.

Au rythme d'une 10 aine de week-end par an, plus quelques jours de vacances consacrés à son projet, Bernard aura mis pas loin de 25 ans pour construire son réseau. Le circuit compte 22 aiguillages, dont 14 sont télécommandés, et 10 ont été construits intégralement, ainsi que 2 ponts tournants, également réalisés par ses soins.

Une journée chez Bernard est ma foi bien vite passée, et avec la tombée de la nuit, c'est à une autre féérie qu'il va nous être donné d'assister. Les bâtiments et les véhicules s'illuminent de mille feux, et nous allons pouvoir assister aux dernières circulations sur le réseau, au clair de lune.

La construction du réseau a été l'occasion pour Bernard de publier de nombreux articles dans la presse spécialisée. Ses droits d'auteur, ajoutés aux différents cadeaux qui lui ont été faits pour l'aider dans son entreprise, lui permettent d'afficher un compte d'exploitation pratiquement à l'équilibre. Il estime en effet, que les coûts de construction de son réseau, ont pratiquement été couverts par les recettes ainsi générées. Un vrai tour de force, que les Chemins de Fer Départementaux de Côte d'Or, lui envient.

La semaine prochaine dans Aiguillages, nous découvrirons le très beau réseau d'exposition du Rassemblement du Model Club de la Crau, un reportage tourné à Montélirail 2014. Et puis choses promises, choses dues, de nouveaux contenus vont faire leur apparition progressivement sur la chaîne, et dès le début de la semaine, vous pourrez découvrir le premier numéro d'Aiguillages La Radio, un numéro spécial puisqu'il s'agira de la rediffusion du tout premier reportage réalisé par pour Aiguillages, c'était au Chemin de Fer Touristique d'Anse, près de Lyon.

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